Chapitre trois : Premier contact.
La descente du bus fut rude. Sammy sentit son dernier souffle d'espoir le quitter. Et la peur fut encore plus présente. Il n'aimait pas cette sensation. Il voulait garder le contrôle, mais il savait qu'il ne contrôlait déjà plus rien. Alors qu'il regardait autour de lui son attention fut soudain attirée par un mouvement derrière la fenêtre qui faisait face à l'endroit ou le bus s'était arrêté. Deux yeux gris acérés. Des yeux qu'il n'avait pas vus depuis des années. Des yeux qu'il n'aurait peut être pas voulut revoir. Et certainement pas dans ces circonstances. Et ces yeux étaient fixés sur lui. Les quelques mètres qui les séparaient empêchaient Sammy de savoir ce que Damien pouvait bien penser. Mais d'un autre côté il savait que même plus près il n'aurait pas su à quoi pensait l'adolescent. Pourtant ils avaient passé du temps ensemble, après l'histoire de la fête. Il aurait logiquement du être capable de comprendre Damien, mais il en était encore loin.
A l'intérieur du bâtiment Damien sentit la colère l'envahir. Il voulait savoir, comment Sammy avait-il bien pu se faire attraper ? Et surtout par qui ?
Après quelques secondes il se reprit. Bah, il aurait bien le temps de poser la question directement à l'intéressé. Pour l'instant il valait mieux qu'il se calme, et ce dans l'intérêt de tous le monde. Ce qui lui avait été dit quelques minutes plus tôt l'inquiétait, mais d'une certaine manière ça pourrait lui être utile. L'adolescent l'avait informé que tous les prisonniers de cet arrivage allaient être transférés dans le quartier de haute sécurité, le quartier où ils étaient logés. Mais là une autre question lui traversa l'esprit : qu'avait donc pu faire Samy pour être envoyé directement dans le QHS ? Rien dans les souvenirs qu'il avait de l'adolescent ne lui donnait de réponse.
A l'extérieur Samy commençait à se demander ce que les gardes attendaient. Ca faisait un bon quart d'heure qu'ils étaient arrivés, et personne n'était venu les voir. Ils avaient été laissés livrés à eux même par les gardes du bus.
Samuel commençait à ses demander ce qu'il fallait faire. Devait-il attendre que quelqu'un arrive ? Ou alors se rendre à l'intérieur du bâtiment qui se dressait devant eux ? Il sentit soudain une présence, quelqu'un les regardait de l'autre coté de la cours. Quelqu'un qu'il n'arrivait pas à voir avec la distance, mais son instinct lui dit que ce type était dangereux. Mais qui pouvait-il être ? Un gardien ? Un détenu ? Quelqu'un d'autre ? Un grincement détourna son attention de la silhouette.
La grille qui fermait la cour du pénitencier venait de se refermer derrière eux. Samy n'avait même pas réalisé qu'elle était toujours ouverte. Et il n'était probablement pas le seul. Sinon au moins un des gosses présent aurait tenté de s'enfuir. Peut être Samy lui-même aurait essayé. Ou peut être pas...aurait il eut le courage de le faire, il allait se poser la question pendant un long moment.
A la fermeture de la grille Samy sentit ses dernières parcelles d'espoir s'évanouir. Il était sûr qu'il ne ressortirait jamais d'ici, cette information atteignait seulement son esprit. En réalisant cela il eut envie de se mettre à pleurer. (Pleurnichard l'ami Samuel ? On dirait bien mais ce n'était pas prévu...) Il ne voulait pas rester enfermé, mais il ne devait pas pleurer. C'était dangereux pour lui. S'il montrait de la faiblesse...il ne voulait même pas y penser. Inconsciemment il reporta son regard sur la fenêtre où se trouvait Damien. L'adolescent était toujours là.
Les yeux fixés sur Samy ; Damien essayait de lire les pensées de son ami. Il se souvenait de sa propre arrivé dans l'institut, cette impression implacable d'emprisonnement. Et à nouveau il se demanda comment Samy avait atterri là. D'accord l'adolescent était un criminel, d'accord lui avait réussi à l'attraper mais tout de même, Samuel n'était pas un débutant et surtout il était devenu extrêmement prudent depuis sa mésaventure avec son employeur. Alors qu'avait il bien pu se passer pour que Samy se retrouve ici ?
Un mouvement dans la cour détourna les deux garçons l'un de l'autre. Un homme d'un certain age venait de sortir d'un bâtiment et se dirigeait vers les nouveaux venus. Samuel se demanda de qui il pouvait bien s'agir. Damien lui le savait ; cet homme était le gardien chef du bloc auquel il appartenait, du bloc auquel Samy allait bientôt appartenir. Et le fait qu'il se soit déplacé en personne n'était pas bon pour les nouveaux.
A l'extérieur Samy ne savait pas quoi penser du nouvel arrivant, plutôt de taille moyenne, il dégageait malgré tout une impression de puissance et de méchanceté, oh oui Samuel trouvait qu'il avait l'air méchant. Mais peut être cela était il juste une impression ?
L'homme ouvrit la bouche :
« _Bonsoir Messieurs. Il toisa l'assemblée, je viens de vous dire bonsoir, la moindre des choses serait peut être de me répondre. Vos parents ne vous ont peut être pas appris la politesse, mais ici quand quelqu'un vous parle la moindre chose serait de répondre. Je refais donc un essai. Bonsoir messieurs. Un c½ur presque parfait lui répondit, cela lui arracha un sourire, et bien on avance vite avec vous. C'est très bien. Je vais me présenter et ensuite je vous appellerez chacun votre tour et vous répondrez, une fois cela fait je me ferai un plaisir de vous expliquer comment les choses fonctionnent ici, et de vous indiquer le lieu ou vous devrez vous rendre. Je suis Clarence Archibald, je suis le gardien chef du bloc auquel vous allez appartenir, maintenant ça ne va pas être très compliqué, je vais appeler votre nom et vous allez répondre. Vous êtes six, ça tombe bien, j'ai six noms sur ma fiche. Eliot Cross, 19 ans.
_Hum, c'est moi, le garçon qui venait de répondre avait de longs cheveux noirs retenus en une queue de cheval.
_Très bien, très bien, Archibald le fixa un moment, un petit tour chez le coiffeur ne te fera pas de mal à toi. Suivant, Tisha Hendrix, 17 ans. (Prénom pour les autre Nao, Mizuno, Mathias)
_J'suis là. Le ton du garçon n'était pas très avenant, mais Archibald n'y pris pas garde.
_Nao et Mizuno Sakurai, tiens tiens, des frères. Dix huit ans tous les deux.
_Oui, la même voix s'éleva des deux visages totalement identiques. La seule différence se trouvait dans leurs yeux, l'un avait les yeux gris, l'autre les yeux bleus.
_Lequel est qui ?
_Moi je suis Nao, répondit celui aux yeux gris.
_Moi je suis Mizuno, répondit celui aux yeux bleus.
_Mathias Andreï. 17 ans aussi.
_C'est moi, répondit un garçon blond a l'air particulièrement effronté.
Sentant que son tour allait bientôt arriver, Samy jeta un regard apeuré vers la fenêtre. Mais il n'y avait plus personne. Damien avait disparu. Mais presque aussitôt une voix le ramena à la réalité.
_Et toi tu dois être Samuel Andrews. Un hochement de tête lui répondit, Samy était complètement paniqué sans qu'il ne sache pourquoi.* Tu as perdu ta langue petit ?
_Non, m'sieur, répondit l'adolescent à mi-voix.
_Très bien, alors je reprends, tu es Samuel Andrews n'est ce pas ?
_Oui m'sieur.
_Bien. L'homme embrassa le groupe du regard. Voilà donc notre troupe de mauvais garçons. Je me fiche de savoir pourquoi vous êtes là. Tout ce que je sais c'est que si vous êtes ici, c'est parce que vous devez y être. Derrière moi se trouvent les responsables en chef des quatre ailes du bâtiment. Elles ont des noms bien à elles, mais on les appel par habitude par leurs orientations, nord, sud, est, ouest. Vous, mes jeunes amis, vous êtes tous dans l'aile est. Ce qui signifie, le ton de l'homme se durcit brusquement, ce qui signifie que vous n'avez pas le droit d'aller dans les autres ailes. Est-ce bien clair ? Un oui presque parfait lui repondit. Très bien. Monsieur Thomas je vous laisse le soin d'expliquer à vos nouveaux clients les regles à suivre dans votre domaine.